Les entrepôts logistiques accélèrent leur développement malgré les réticences

   Cannes, 7 sept 2021 (AFP) – Ce sont les arrière-boutiques du commerce en ligne et, à ce titre, un des gagnants de la crise: les entrepôts de l’immobilier logistique, souvent critiqués pour leurs pratiques sociales et environnementales, doivent montrer patte blanche et conscience verte.

   Longtemps essentiellement situés sur un axe Lille-Paris-Lyon-Marseille, ces entrepôts essaiment désormais à travers le pays. Ils font même leur apparition en ville: situés au coeur ou en proche périphérie des grandes agglomérations, ils permettent à de nouvelles entreprises de promettre la livraison de courses « en moins de dix minutes » comme la start-up allemande Gorillas.io ou 15 minutes pour le Français Cajoo.

   « Notre objectif est de devenir plus proches des consommateurs, avec des entrepôts locaux et dispersés sur le territoire », a assuré mardi Ronan Bolé, président d’Amazon France Logistique, lors d’une conférence au salon international de l’immobilier (Mipim) à Cannes.

   Au cours du premier semestre 2021, l’investissement dans ce secteur a été à son plus haut historique en France, à 1,8 milliard d’euros, selon le cabinet de conseils JLL.

   « La tendance lourde est liée aux changements de consommation et à la transformation des commerces, désormais à la fois en ligne et physique », analyse Patrick Remords, directeur chaîne d’approvisionnement et solution logistique chez JLL.

   Si la partie des entrepôts pour des magasins uniquement en ligne a augmenté de 9%, celle pour les magasins traditionnels avec boutique a quant à elle crû de 40%. « Pour survivre, ces magasins ont été obligés de s’adapter », poursuit M. Remords. 

   – Une charte contre un moratoire –

   Plus efficaces, plus rapides pour séduire des clients qui ont envie de recevoir leur colis au plus vite, et surtout vecteurs de développement économique, avec 10% du PIB et 1,8 million d’emplois pour l’ensemble du secteur de la logistique en 2019, les entrepôts sont pourtant encore mal accueillis par la population et beaucoup d’élus.

   « On doit encore faire preuve de beaucoup de pédagogie auprès des gens et des collectivités quand on veut développer de nouveaux projets », affirme à l’AFP Christophe Chauvard, directeur France de P3 Logistic Parks.

   Les critiques, dans un premier temps portées sur les conditions de travail au sein de ces bâtiments, s’expriment désormais également sur le plan écologique. Lors du débat sur la loi climat au début de l’été, plusieurs députés ont proposé un moratoire de deux ans sur les permis de construire d’un entrepôt logistique à destination du commerce électronique d’une surface supérieure à 1.000 m2.

   Les entrepôts, indispensables au commerce en ligne, étaient le moyen de mettre un frein à celui-ci, accusé d’être notamment « destructeur pour l’emploi » et « l’environnement ». Leur impact sur l’artificialisation des sols est ainsi régulièrement pointé du doigt.

   Le moratoire n’a pas été voté mais le gouvernement et l’Afilog, qui représente les entreprises du secteur, ont signé à la fin du mois de juillet une « charte d’engagements réciproques pour la performance environnementale et économique », sur la base du volontariat.

   Outre la mise en place de panneaux solaires et de haies autour des entrepôts, les entreprises se sont engagées à privilégier leur future installation sur les friches industrielles existantes en contrepartie d’une administration des dossiers plus efficaces. En septembre, Amazon va ainsi installer un entrepôt sur un ancien site militaire à Metz, dans l’est de la France.

   « Les entrepôts ont moins d’impact que des lotissements ou que l’immobilier commercial. Et avec la technologie et l’intelligence artificielle, les entreprises pourront mieux anticiper la gestion de leur stock, et réduire les trajets », anticipe M. Remords.

Sources AFP

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