Tablettes en zone ATEX : le casse-tête que les DSI découvrent en arrivant à l’usine

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La maintenance se digitalise et les tablettes descendent dans les ateliers. Sur les sites où une atmosphère explosive peut se former, elles se heurtent à une réglementation que l’informatique connaît mal, et à un problème de cycle de vie que personne n’avait anticipé.

Le numérique arrive au pied des installations

Gestion de maintenance sur mobile, permis de travail électroniques, rondes d’inspection saisies sur le terrain, assistance à distance par vidéo : les projets de digitalisation industrielle ont un point commun, ils supposent un écran dans la main de l’opérateur. Dans un entrepôt ou une usine d’assemblage, une tablette du commerce dans une coque renforcée fait l’affaire. Dans une raffinerie, un dépôt pétrolier, une usine chimique, un silo à grains ou un atelier de peinture, la question change de nature.

🏭 Ce que vous devez retenir de cette thématique :

Tablettes ATEX, les clés d’une maintenance industrielle digitalisée

💥 En zone ATEX, les tablettes industrielles doivent être certifiées pour éviter toute source d’inflammation liée aux batteries ou circuits électroniques.
🔄 Le cycle de vie des tablettes ATEX complique la digitalisation industrielle lorsque certifications, renouvellement matériel et support informatique évoluent à des rythmes différents.
🛡️ Une coque ATEX universelle dissocie protection certifiée et tablette, facilitant le renouvellement des terminaux tout en pérennisant l’investissement matériel.
📡 Un déploiement réussi exige de vérifier zonage ATEX, couverture Wi-Fi, cybersécurité, gestion de flotte, recharge, accessoires certifiés et formation des opérateurs.
🤝 La réussite d’un projet de maintenance digitale en zone ATEX repose sur une collaboration étroite entre DSI, responsables sécurité et équipes terrain.

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Maintenance industrielle : pourquoi les tablettes classiques s’arrêtent aux portes des zones ATEX

Une tablette ordinaire n’a pas le droit d’entrer

Ces sites comportent des emplacements classés en zones ATEX, où un mélange explosif de gaz, de vapeurs ou de poussières peut apparaître. La réglementation n’y admet que du matériel certifié pour la zone concernée, et une tablette grand public ne l’est pas : sa batterie et ses circuits peuvent, en cas de défaut, fournir l’énergie qui enflamme le mélange. La règle s’applique aussi appareil en veille.

Jusqu’ici, deux réponses existaient. La première est la tablette certifiée dédiée, conçue dès l’origine pour les zones dangereuses par un fabricant spécialisé. La seconde est la coque certifiée développée pour un modèle précis de tablette du commerce, l’ensemble coque et tablette faisant l’objet du certificat. Les deux fonctionnent. Les deux posent le même problème à la direction des systèmes d’information.

Le problème du cycle de vie

Une flotte de tablettes se renouvelle tous les trois à quatre ans, au rythme des générations de processeurs et de la fin du support des systèmes d’exploitation. Une certification pour atmosphères explosives suit un autre calendrier. Elle porte sur un produit défini, essais à l’appui, et toute modification substantielle impose de la reprendre.

Conséquence : quand le constructeur sort une nouvelle génération, la tablette dédiée ou la coque spécifique de la génération précédente ne suit pas immédiatement. Le site se retrouve avec un parc hétérogène, des modèles que la DSI ne veut plus maintenir mais que la sécurité ne peut pas remplacer, et des coques certifiées devenues inutilisables parce que la tablette qu’elles accueillaient n’est plus vendue. L’investissement le plus durable, le boîtier certifié, est lié à l’élément le plus éphémère, l’électronique grand public.

Le papier revient alors par la petite porte. Faute de terminal autorisé, l’opérateur note ses relevés sur un carnet et les ressaisit au bureau, et le projet de digitalisation s’arrête à la limite de la zone.

Dissocier la coque de la tablette

Une troisième approche consiste à faire porter la certification par le boîtier lui-même, et à adapter ce boîtier à chaque modèle de tablette par des pièces d’ajustement. C’est le principe d’une coque ATEX universelle pour tablettes, l’Ex UniCase d’Armadex, certifiée ATEX et IECEx par un organisme indépendant pour les zones 2 et 22. Quatre inlays d’angle propres à chaque modèle positionnent la tablette et laissent accessibles les boutons physiques, les caméras et le port USB-C.

Lorsqu'une nouvelle génération arrive, on remplace les inlays et non le boîtier
Lorsqu’une nouvelle génération arrive, on remplace les inlays et non le boîtier

La coque accepte les tablettes courantes de 10 à 11 pouces d’Apple, de Samsung et de Microsoft, parmi lesquelles l’iPad, l’iPad Air, l’iPad Pro, les Galaxy Tab S11 et S10 FE et la Surface Go 4. Lorsqu’une nouvelle génération arrive, on remplace les inlays et non le boîtier, sans nouvelle certification. Pour la DSI, la tablette reste un modèle standard du catalogue, administrée avec les outils habituels de gestion de flotte.

Ce que la DSI doit vérifier avant de déployer

Le zonage d’abord. Une solution certifiée pour les zones 2 et 22 couvre la grande majorité des emplacements classés d’un site, pas les zones 1 et 21, où il faut un matériel de catégorie supérieure. Le document relatif à la protection contre les explosions, tenu par le responsable sécurité, indique qui a besoin de quoi.

Le réseau ensuite. Une tablette sans connexion ne sert à rien, et un point d’accès Wi-Fi installé dans une zone classée doit être certifié lui aussi. La couverture radio se conçoit avec le zonage sous les yeux.

La sécurité informatique aussi. Une tablette certifiée reste un terminal d’entreprise comme un autre, avec chiffrement, effacement à distance et mises à jour régulières, ce qui suppose un modèle encore supporté par son constructeur.

Les usages enfin. La recharge se fait hors zone, les accessoires doivent figurer dans le certificat, et les utilisateurs doivent savoir pourquoi leur téléphone personnel reste au vestiaire alors que la tablette de l’entreprise entre. Un quart d’heure de formation évite bien des contournements.

Un sujet à traiter à deux

Le déploiement de tablettes en zone ATEX échoue rarement pour des raisons techniques. Il échoue quand l’informatique choisit un terminal sans consulter la sécurité, ou quand la sécurité impose un matériel que l’informatique ne sait pas administrer. Mettre les deux autour de la même table, avec le plan des zones et la feuille de route des terminaux, est la première étape du projet, avant le choix du moindre équipement.

Complétez votre lecture avec cet article sur la gestion de matériel : démarche clé pour assurer la sécurité en entreprise

 

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