1 000 miles sans BlueCruise, openpilot à la place, un conducteur Ford ne revient pas, ce que la marque doit affronter

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Un propriétaire américain de Ford F-150 Lightning affirme avoir remplacé BlueCruise par un système d’aide à la conduite open-source après 1 000 miles, soit environ 1 609 km. Son expérience met en lumière un débat de plus en plus concret pour les automobilistes : payer un abonnement constructeur ou confier une partie de l’assistance à un dispositif tiers, plus souple, mais moins encadré.

BlueCruise perd un abonné face à openpilot

Le parcours de cet utilisateur commence chez Tesla. Il raconte avoir acheté une Model 3 en juin 2019, avec l’idée que la voiture pourrait prendre en charge une grande partie des trajets. Il avait ensuite ajouté l’option Full Self Driving, alors facturée 6 000 dollars, avant une hausse annoncée par Elon Musk. Plusieurs années de mises à jour lui ont donné le sentiment d’utiliser un système efficace, même s’il gardait une surveillance constante du véhicule.

Le changement intervient pour une raison plus prosaïque. Avec son épouse, l’automobiliste lance un food truck de pizzas et découvre que le véhicule prévu pour tracter la remorque ne convient pas. Il échange donc sa Tesla contre un F-150 Lightning Flash millésime 2025. Le pick-up électrique de Ford apporte la capacité de remorquage recherchée, mais il marque aussi la fin d’une expérience quotidienne avec un système avancé d’assistance à la conduite.

Le véhicule est livré avec trois mois gratuits de BlueCruise. Le dispositif de Ford permet de rouler sans les mains sur certaines autoroutes cartographiées, avec gestion de la direction, de l’accélération et du freinage. En dehors de ces axes, le conducteur retrouve une assistance plus classique au maintien dans la voie. À l’issue de l’essai, il refuse l’abonnement, proposé à 50 dollars par mois ou 500 dollars par an, car ses trajets sont alors majoritairement urbains.

La situation évolue après une opération de l’épaule en janvier. Les séances de rééducation imposent un trajet régulier d’environ une heure, principalement sur autoroute. L’utilisateur active de nouveau BlueCruise grâce à ses points Ford Rewards. Cette fois, l’usage paraît nettement plus convaincant : conduite à 80 miles par heure, changement de voie déclenché au clignotant et fatigue réduite sur des parcours répétitifs. Au moment de s’engager pour un an, un ami lui rappelle l’existence de Comma.ai.

Ford F-150 Lightning utilisé pour tracter une remorque professionnelle
Le passage au pick-up électrique répond d’abord à un besoin de remorquage régulier. — Photo : Charles Criscuolo / Pexels

Comma 4 s’appuie sur openpilot et Sunnypilot

Comma.ai commercialise un boîtier fixé près du pare-brise, proche d’une caméra embarquée par son format. Le dispositif, ici présenté sous le nom Comma 4, exploite le logiciel openpilot, un projet open-source destiné à améliorer les aides actives à la conduite sur des véhicules compatibles. L’entreprise décrit son offre comme une assistance améliorée pour Toyota, Hyundai, Ford et d’autres marques, avec une compatibilité revendiquée sur plus de 300 véhicules.

Le principe diffère fortement d’un abonnement constructeur. L’utilisateur achète un matériel, l’installe avec un faisceau adapté puis s’appuie sur le logiciel et ses mises à jour. Sur certains modèles Ford, des branches communautaires circulent dans les forums spécialisés, notamment autour du F-150 de quatorzième génération. Les discussions mentionnent des versions openpilot ou Sunnypilot avec signature F-150 intégrée, ainsi que des variantes orientées vers un meilleur contrôle latéral.

Cette dimension communautaire constitue l’un des attraits du système, mais aussi son principal point de vigilance. Les forums consacrés au F-150 affichent des avertissements techniques, notamment l’obligation de débrancher le boîtier Comma avant d’utiliser des outils comme FORScan ou FDRS. Ces précautions montrent que l’installation ne relève pas d’un simple accessoire branché en quelques secondes. Elle suppose de comprendre les interactions entre l’électronique du véhicule, les calculateurs d’assistance et les logiciels de diagnostic.

Pour l’automobiliste, l’intérêt tient à la couverture d’usage. Là où BlueCruise dépend fortement de zones autorisées, openpilot vise une assistance plus large, sous réserve de compatibilité et de conditions de route favorables. Le conducteur reste responsable, garde les yeux sur la circulation et doit pouvoir reprendre le contrôle immédiatement. Le choix ne revient donc pas à remplacer un chauffeur automatique par un autre, mais à choisir une philosophie technique différente : service fermé et validé par Ford d’un côté, logiciel évolutif et contrôlé par une communauté de l’autre.

Boîtier openpilot installé près du pare-brise d'un pick-up moderne
Les solutions open-source reposent sur un boîtier dédié et une compatibilité précise du véhicule. — Photo : ROMBO / Pexels

1 000 miles opposent BlueCruise à openpilot

Après 1 000 miles parcourus avec le nouveau système, l’utilisateur affirme ne pas souhaiter revenir à l’abonnement Ford. Son témoignage repose sur des trajets répétés, notamment vers ses séances de kinésithérapie, ce qui donne une base d’observation plus solide qu’un court essai promotionnel. Les bénéfices décrits portent surtout sur la constance du maintien dans la voie, la réduction des microcorrections au volant et la sensation de continuité entre différents types de routes.

BlueCruise garde pourtant des atouts précis. La version BlueCruise 1.5 introduit un changement de voie automatisé capable d’évaluer la présence d’un véhicule plus lent, d’activer le clignotant, de se déporter puis de revenir dans la voie de droite lorsque la manœuvre est terminée. Les essais publiés aux États-Unis décrivent une exécution fluide, avec une accélération progressive vers la vitesse de consigne. Cette automatisation est particulièrement adaptée aux longues autoroutes et aux trajets interurbains.

La limite tient à la disponibilité. Ford réserve le fonctionnement mains libres aux routes cartographiées, ce qui crée une rupture dès que le conducteur quitte le réseau validé. Sur route standard, l’assistance se rapproche davantage d’un maintien dans la voie conventionnel, avec des alertes fréquentes demandant de garder les mains sur le volant. Pour un usager qui alterne autoroute, voies rapides et axes secondaires, cette frontière technique devient vite centrale dans l’évaluation du service.

Openpilot et ses variantes ne promettent pas la même expérience mains libres homologuée. Leur intérêt se situe ailleurs : une assistance plus régulière dans les situations compatibles, une logique de personnalisation et une visibilité plus grande sur le développement logiciel. Le confort perçu dépend aussi du calibrage, de la qualité du marquage au sol, de la météo et de la vigilance du conducteur. L’essai de 1 000 miles ne tranche donc pas pour tous les profils, mais il montre pourquoi certains propriétaires de pick-up électriques examinent désormais les alternatives ouvertes.

Ford garde l’avantage du cadre homologué

Le débat ne se limite pas au confort ou au prix. Ford rappelle dans sa foire aux questions que BlueCruise est une fonction d’aide à la conduite et ne remplace ni l’attention, ni le jugement, ni la maîtrise du véhicule par son conducteur. Cette formulation place le dispositif dans la catégorie des systèmes de niveau 2, où la voiture peut gérer simultanément direction et vitesse, mais où l’humain conserve la responsabilité permanente de la conduite.

Ce cadre constructeur offre des garanties importantes. Les mises à jour sont testées dans un environnement contrôlé, la disponibilité est limitée aux zones que Ford estime adaptées et l’intégration avec les capteurs du véhicule relève de l’ingénierie interne. En cas de dysfonctionnement, le client dispose d’un interlocuteur identifié, d’une documentation officielle et d’un réseau de concessionnaires. Pour les flottes, les loueurs ou les conducteurs soucieux d’assurance, cette chaîne de responsabilité pèse lourd.

Le modèle de Comma.ai répond à une autre demande. L’achat d’un boîtier peut paraître plus rationnel qu’un abonnement de 500 dollars par an pour un conducteur qui garde son véhicule longtemps. Le code ouvert, les retours d’utilisateurs et l’adaptation à de nombreux modèles séduisent les profils technophiles. Mais cette liberté implique de vérifier la compatibilité exacte, l’état des branches logicielles, les avertissements des développeurs et l’effet possible sur la garantie ou l’assurance du véhicule.

Pour Ford, le signal mérite attention. Un propriétaire satisfait par BlueCruise peut basculer vers une solution concurrente si la valeur perçue de l’abonnement ne suit pas l’usage réel. Le constructeur dispose d’un avantage industriel, réglementaire et commercial, mais il doit composer avec des communautés capables d’améliorer vite certaines fonctions d’assistance. Sur le marché des véhicules électriques et des pick-up connectés, la fidélité ne dépend plus seulement de la puissance, de l’autonomie ou du style, elle se joue aussi dans la qualité logicielle ressentie chaque semaine au volant.

Questions fréquentes

BlueCruise est-il un système de conduite autonome ?
Non. Ford présente BlueCruise comme une aide à la conduite. Le conducteur doit rester attentif, surveiller la route et pouvoir reprendre le contrôle à tout moment.
Openpilot fonctionne-t-il sur tous les Ford F-150 ?
Non. La compatibilité dépend du modèle, de l’année, des équipements et parfois de branches logicielles communautaires. Une vérification technique détaillée reste indispensable avant installation.
Pourquoi certains conducteurs comparent-ils BlueCruise et openpilot ?
Le coût, la couverture des routes, la fréquence d’usage et le niveau de personnalisation influencent le choix. BlueCruise offre un cadre constructeur, tandis qu’openpilot attire par sa souplesse logicielle.

À retenir

  • BlueCruise coûte 50 dollars par mois ou 500 dollars par an.
  • Openpilot revendique une compatibilité avec plus de 300 véhicules.
  • BlueCruise 1.5 ajoute le changement de voie automatisé.
  • Ces systèmes restent des aides de niveau 2 sous surveillance humaine.
Rédacteur chez Journal Infos It
Marcel Tricotte s'intéresse de près aux innovations numériques, aux technologies du web et aux solutions qui transforment les usages digitaux. Il partage une veille régulière sur les logiciels, les plateformes, les services en ligne et les évolutions du secteur. Pour renforcer la qualité de ses contenus, il s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en assurant une vérification et une validation éditoriales avant chaque publication.
Marcel tricotte
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