Au plus fort de l’épisode de canicule, Nicolas Revel, directeur général de l’AP-HP, a lancé une alerte publique en estimant que on a dépassé le seuil qui conduit à un choc sanitaire. Cette prise de parole, rapportée par Le Monde, intervient alors que les établissements franciliens font face à une hausse des passages aux urgences et à une pression accrue sur les services hospitaliers.
Dans le vocabulaire de la santé publique, l’expression choc sanitaire renvoie à un basculement, quand l’événement climatique n’est plus seulement un facteur de gêne ou de sur-risque, mais devient un multiplicateur de décompensations, de pertes d’autonomie et d’affections aiguës. Les canicules mettent d’abord en danger les personnes âgées, les nourrissons, les patients atteints de maladies chroniques et les travailleurs exposés. Mais leur effet est plus large: la chaleur agit sur le cœur, la respiration, l’hydratation, la vigilance, et fragilise aussi l’organisation des soins.
L’alerte formulée par Nicolas Revel souligne une réalité connue des urgentistes: la chaleur extrême ne crée pas seulement des cas de coup de chaleur spectaculaires, elle amplifie des pathologies courantes, insuffisances cardiaques, troubles rénaux, détresses respiratoires, et rend plus fréquentes les chutes ou les malaises. Pour les hôpitaux, la difficulté consiste à absorber une demande supplémentaire, tout en continuant les prises en charge habituelles et en protégeant les patients déjà hospitalisés, particulièrement sensibles à la température des chambres.
Dans les établissements, l’anticipation repose sur des plans canicule, avec surveillance renforcée des personnes fragiles, ajustement des effectifs, et adaptation logistique, eau, ventilation, circuits de soins. Mais la répétition et l’intensité des épisodes mettent à l’épreuve ces dispositifs, surtout quand ils coïncident avec d’autres contraintes, tensions de personnel, capacité d’hospitalisation limitée, ou saturation des urgences. L’AP-HP, premier centre hospitalier universitaire d’Europe, se retrouve en première ligne pour mesurer l’impact immédiat de l’événement climatique sur la santé.
Questions fréquentes
- Que signifie l’expression « choc sanitaire » évoquée par Nicolas Revel ?
- Elle désigne un seuil où la canicule entraîne un afflux et une gravité suffisants de situations médicales pour déstabiliser l’offre de soins : décompensations de maladies chroniques, malaises, troubles rénaux ou respiratoires, et hausse des passages aux urgences, avec une organisation hospitalière sous forte tension.




