Michele Tecchia :“Le growth hacking n’est pas du dopage !”

Michele Tecchia l’affirme de son agence à Monaco : “Le marketing n’est plus ce qu’il était il y a vingt ans passés. Il s’est amélioré, s’est même profondément transformé avec internet.

Les stratégies, les termes, les techniques changent et innovent tous les secteurs. Parmi eux, le growth hacking. Une tendance classée par certains, comme la méthode la plus impressionnante pour accélérer la croissance d’un business.

D’autres pensent par contre que c’est une pratique douteuse”. Michele Tecchia partage son avis.

Michele Tecchia : Growth hacking : qu’est-ce que c’est ?

Petite histoire et définition

Michele Tecchia : Growth hacking : qu’est-ce que c’est ?
Michele Tecchia : Growth hacking : qu’est-ce que c’est ?

Le terme de growth hacking apparaît en 2010. Il a été inventé par Sean Ellis parce qu’il voulait mettre un nom sur le poste qu’il occupait avant de le céder à une autre personne.

Au tout début, le concept consistait à faire grimper le nombre d’utilisateurs d’un service le plus rapidement possible. Par définition de nos jours, assure Michele Tecchia, le growth hacking est une technique visant à augmenter la croissance d’une entreprise.

Les start-up sont les plus gros consommateurs de cette démarche. Beaucoup de questions se posent autour de ce dispositif : bien, mal, légal, illégal, réel, utopie, pour qui ?

En tout cas, jusqu’au moment où vous lisez cet article, le growth hacking est toujours utilisé par les entreprises.

Michele Tecchia dévoile les 5 piliers du growth hacking :

Cinq piliers sont indispensables à ériger pour réussir le growth hacking :

Michele Tecchia dévoile les
Michele Tecchia dévoile les

• L’acquisition : cette étape consiste à expérimenter divers canaux afin de savoir lequel fonctionne le plus pour attirer du trafic.

• L’activation consiste à convertir le visiteur en utilisateur. Sa première venue sur le site doit être concluante.

• La rétention : ici, le but est de convertir l’utilisateur en consommateur fidèle. Le growth hacker se doit de trouver les moyens pour le faire revenir.

• Le revenu : si la stratégie arrive jusqu’ici, cela veut dire que le client a fait un achat.

• La recommandation : elle est atteinte lorsque le client partage son expérience et sa satisfaction sur son achat autour de lui. Il devient alors ambassadeur.

Michele Tecchia : “Hacking”, un mot qui seul, fait un peu peur

Michele Tecchia est du même avis que la majorité des marketeurs à propos du mot “hacking” : il est assez violent. Le mot “hacking”, par définition désigne des techniques qui exploitent les failles ainsi que les vulnérabilités d’une situation ou d’un élément. Le mot hacker désigne la personne qui fait du hacking. Ces deux mots sont associés à des actes de piratage, donc de la violence digitale.

“Il est  tout à faire normal de penser que le growth hacking est un mot qui fait un peu peur. Mais comme dans d’autres expressions, il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre”, estime Michele Tecchia. Cependant, certaines pratiques des growth hackers renforcent cette croyance comme quoi le growth kacking est une pratique illégale. Beaucoup n’hésite pas à aller au-delà du conventionnel. Par exemple, utiliser des outils pour obtenir illégalement des informations sur les concurrents. Ou encore d’utiliser des logiciels pour avoir des informations personnelles des internautes. Ces techniques agressives sont contraires à la déontologie du marketing y compris celle du growth hacking.

Mais même avec tous ces détails, Michele Tecchia reste convaincu que le growth hacking, s’il est bien utilisé, reste une technique marketing propre et efficace. La preuve, les start-up et les grandes marques l’exploitent.

Exemples de réussite et d’échec de cette technique

Ces quelques exemples, partagés par Michele Tecchia, montrent que le growth hacking fonctionne très bien, mais peut aussi être un flop si la technique n’est pas au rendez-vous.

Michele Tecchia : ces entreprises qui ont su profiter du growth hacking

Quasiment toutes les grandes entreprises de nos jours ont eu recours au growth hacking. Leur secret : trouver le bon filon que les autres n’ont pas encore exploité.

• Airbnb : pour construire sa base d’utilisateurs et de clients, la marque a exploité son concurrent Craiglist. En premier, ils proposent aux abonnés de ce dernier à s’inscrire sur Airbnb. Et après, ils ont développé un outil pour diffuser automatiquement les annonces sur Craiglist mais avec plus d’avantages. Cela a bien fonctionné puisqu’en 2019, ce site d’annonces et de réservation enregistre plus de 41 millions d’utilisateurs.

• Candy crush : ce jeu célèbre aux friandises a trouvé le bon canal pour booster ses téléchargements. Ils ont utilisé plusieurs méthodes qui tournent autour du social proof. Par exemple, affiché sur le profil Facebook les progressions des joueurs. Mettre en évidence sur l’application à quel niveau se trouve vos amis. Ce qui incite tout le monde à dépasser ses limites et donc à utiliser encore et encore l’appli.

• Netflix n’échappe pas à la règle. La plateforme de streaming a diffusé les émissions populaires pour attirer le grand public.

Quelques exemples d’échecs selon Michele Tecchia

“Si les grandes marques percent avec le growth hacking, ce sont aussi eux qui font les plus grands flops de l’histoire” estime Michele Tecchia

• Burger King, pendant la journée de la femme en 2021 pensait faire un buzz et obtenir plus de clientèle féminine. Malheureusement, c’est l’effet inverse. Son tweet a mentionné « Les femmes doivent être à la cuisine ». Et même si ce message est juste l’introduction d’un autre message mettant en avant les Cheffes en cuisine, cela n’a pas pour autant donné l’effet escompté.

• Pepsi voulait conquérir le cœur des manifestants pour la paix. Sa publicité avec Kendall Jenner n’a fait qu’empirer les choses.

• Dans les années 90, le stylo Bic voulait avoir sa part de marché dans la parfumerie. La marque pensait utiliser sa notoriété auprès de ses utilisateurs pour écouler son parfum à 3€. C’était un flop total.

Michele Tecchia : Le growth hacking pour une utilisation éthique et responsable

Michele Tecchia : Le growth hacking pour une utilisation éthique et responsable
Michele Tecchia : Le growth hacking pour une utilisation éthique et responsable

“Le growth hacking est un art” affirme Michele Tecchia. Il faut être ingénieux pour trouver les leviers qui vont faire décoller la croissance d’un business. Et d’utiliser ces leviers avec éthique et responsabilité. La finalité est de ne pas dépasser la ligne de la légalité et c’est tout à fait faisable. Oui, mais comment faire ?

“Tout d’abord, explique Michele Tecchia, il faut réunir les techniques à utiliser en fonction des objectifs. Sélectionner les meilleures en respectant la loi, la transparence et la concurrence. Si vous trouvez qu’une méthode frôle le piratage proprement dit, trouvez-en une autre. Si une méthode ne respecte pas la vie privée des utilisateurs, trouvez-en une autre. Ce ne sont pas les stratégies qui manquent, c’est l’imagination qui est limitée”. La preuve, beaucoup de jeunes entreprises réussissent à avoir une croissance fulgurante en une année seulement.

Le growth hacking est à combiner avec le marketing classique. Ce dernier vise un projet à long terme tandis que l’autre est un levier à court terme. Le marketing traditionnel permet d’utiliser ses connaissances alors que le hacking est totalement expérimental. “Toutefois, sourit l’expert Michele Tecchia, il faut être un growth hacker pour réussir ce genre de projet’.

Pour en savoir plus sur Michele Tecchia à Monaco: https://groupegratuitpros.fr/2022/09/12/michele-tecchia-monaco/

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