La certification AMF : A quoi ça sert?

L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) est un organisme public indépendant français dont le rôle principal est de réguler les marchés financiers et leurs infrastructures, d’en protéger les acteurs ainsi que les produits d’épargne qui y sont commercialisés.

C’est dans le cadre de sa mission de régulation de la place financière française et d’information des investisseurs que l’Autorité a créé, le 1er juillet 2010, la certification AMF, placée sous l’autorité du Haut Conseil Certificateur de Place (HCCP).

Il s’agit d’un dispositif qui revêt la forme d’un examen théorique, visant à vérifier et à valider les compétences des professionnels du secteur, et à améliorer la qualité de la relation client.

Entre juillet 2010 et le 31 décembre 2020, l’AMF a évalué à près de 90.000 le nombre de personnes ayant passé avec succès cet examen, auprès de l’un des organismes de formation certifiés.

Qui est concerné par cette certification ?

Les Prestataires de Services d’Investissements (PSI), à savoir les banques, entreprises d’investissement et sociétés de gestion de portefeuille, sont les principaux organes concernés par cette exigence de certification, en ce qu’ils doivent s’assurer que toutes les personnes physiques placées sous leur autorité ou agissant pour leur compte disposent de qualifications minimales et d’un niveau de connaissances suffisant en matière financière.

Les principales fonctions exigeant cette certification sont listées et définies par le Règlement de l’AMF. Il s’agit notamment des postes suivants :

  • Vendeurs : ils sont chargés de fournir des conseils ou des informations sur des instruments financiers, des services d’investissement ou des services connexes, aux clients du PSI pour le compte duquel ils agissent ;
  • Gérants : ils sont habilités à prendre des décisions d’investissement dans le cadre d’un mandat de gestion individuel ou pour des placements collectifs ;
  • Responsables du post-marché : ils assurent la responsabilité directe des activités de tenue de compte-conservation, de règlement-livraison, des activités de dépositaire, de gestion de titres ou de prestation de services aux émetteurs ;
  • Responsables de la compensation d’instruments financiers : ils représentent physiquement un adhérent compensateur et réalisent en leur nom l’enregistrement des transactions, le contrôle des risques et les fonctions de compensation ;
  • Responsables de la conformité et du contrôle interne (RCCI), rattachés à une société de gestion de portefeuille ;
  • Responsables de la conformité pour les services d’investissements (RCSI), négociateurs d’instruments financiers ou analystes financiers, rattachés à un PSI.

Depuis le 1er janvier 2017, le dispositif s’est vu renforcé, s’appliquant désormais également à la profession de Conseiller en Investissements Financiers (CIF).

Naturellement, la certification AMF s’étend donc dans divers types de structures, à savoir les banques, les cabinets de conseil et d’investissement, ou encore les sociétés de gestion de portefeuille.

A titre exceptionnel, une certaine catégorie de personnes échappe à ce dispositif, bénéficiant d’une clause dite « de grand-père ». Il s’agit des professionnels qui occupaient déjà l’une de ces fonctions avant le 1er juillet 2010, et qui sont donc présumés avoir acquis un niveau de connaissances suffisant pour exercer conformément aux règles de l’AMF.

Quel est l’objectif de la certification ?

L’objectif majeur recherché par la mise en œuvre du dispositif, qui est devenu une sorte de passeport pour la commercialisation des produits financiers, est de s’assurer que les personnes concernées possèdent un niveau de connaissances minimal leur permettant de travailler sur les marchés, à savoir notamment :

  • Maîtriser l’environnement réglementaire français, européen et international, connaître les textes, les usages, les pratiques de marché ainsi que les différents types de produits et services financiers proposés sur le marché ;
  • Acquérir une culture éthique et financière partagée ;
  • Comprendre le rôle de l’AMF, de la Banque de France ;
  • Approfondir des notions macro-économiques fondamentales telles que le Produit Intérieur Brut (PIB), l’inflation, etc.
  • Bénéficier d’une mise en pratique pragmatique avec le client.

Cette mise à niveau des professionnels de la finance permet d’une part de garantir un niveau homogène de connaissances dans la profession, grâce à l’instauration de standards, d’une culture et d’un vocabulaire communs, et d’autre part, de mettre en valeur ces fonctions auprès de la clientèle. On peut lire sur de trop nombreux articles l’amateurisme de certaines formations et services dont les premières victimes restent les épargnants. 

Qu’ils soient investisseurs ou épargnants, les clients sont ceux qui bénéficient in fine de cette montée en compétence, dans la mesure où ils se verront apporter de meilleures réponses à leurs questions, et le cas échéant, ils se feront orienter vers la personne la plus experte en la matière. En définitive, ce dispositif est tout à fait en accord avec la mission de l’AMF visant à l’information optimale des investisseurs.

En termes de reconnaissance, la certification AMF a une notoriété spécifiquement française, et ne bénéficie donc pas d’une renommée internationale aussi forte que certaines autres certifications.

En quoi consiste la certification ?

La certification AMF peut être obtenue par deux voies :

  • Un examen interne, sous forme de validation des connaissances, mené par l’employeur dans les six mois suivant le recrutement du nouveau collaborateur au sein du PSI, et suivi par l’AMF. Si la personne échoue, elle ne pourra occuper des fonctions entrant dans le champ d’application du dispositif. De plus, cette certification ne sera valable que pour le poste concerné ;
  • Un examen externe, organisé par l’une des institutions certifiées par l’AMF. Dans ce cas, la certification est valable à vie, même en cas de changement d’employeur, et peut ainsi représenter un atout majeur dans le cadre d’un futur recrutement.

Il s’agit d’un examen théorique composé d’une seule épreuve, elle-même constituée de 100 questions posées sous forme de QCM, relatives à l’environnement technique, réglementaire et déontologique des marchés financiers. Les candidats sont évalués sur 12 thématiques.

En conclusion, la certification AMF est aujourd’hui devenue incontournable pour exercer dans le secteur financier, en permettant aux professionnels d’acquérir un socle commun et solide de connaissances afin de conseiller les clients de façon optimale.

Plus de 10 ans après sa création, le dispositif continue d’évoluer, et l’AMF a récemment décidé de créer, sur proposition du HCCP, un module optionnel de certification en Finance durable, qui doit être mis en application en 2021.

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