RCS 4.0 vient d’être annoncé avec un truc que tout le monde attendait sans trop y croire: l’appel vidéo natif directement depuis une conversation, sans quitter l’appli de messages. Oui, le genre de bascule “on parle, on se voit” que tu fais déjà sur WhatsApp ou FaceTime, sauf que là, l’idée, c’est que ça marche entre Android et iPhone.
Le timing est intéressant, parce qu’Apple a déjà ouvert la porte au RCS sur iOS depuis iOS 18 (septembre 2024), sous pression réglementaire en Europe. Résultat, chaque nouvelle brique du standard a tout de suite un impact “grand public”. Le truc, c’est que la promesse du RCS, on la connaît: rendre les textos inter-plateformes moins nuls que le SMS. Sauf qu’entre la norme, les opérateurs et les mises à jour, il y a souvent un monde.
Table des matières
- 1 MIVC: basculer en appel vidéo sans quitter la conversation
- 2 Texte enrichi: gras, italique, barré, le détail qui change tout
- 3 Qualité des médias: le RCS 4.0 veut arrêter les photos “bouillie”
- 4 Apple, Google, GSMA: la promesse, et le retard chronique des profils RCS
- 5 Chiffrement de bout en bout: la grosse attente, enfin en test sur iPhone
- 6 À retenir
- 7 Questions fréquentes
- 8 Sources
MIVC: basculer en appel vidéo sans quitter la conversation
La nouveauté la plus spectaculaire du RCS 4.0, c’est le MIVC, pour “Messaging-Initiated Video Calls”. En clair, tu es en train d’écrire, tu te dis “vas-y, on se capte en visio”, tu appuies, et tu lances un appel vidéo depuis la même discussion. Pas besoin d’ouvrir Zoom ou WhatsApp, pas besoin d’envoyer un lien, pas besoin d’expliquer à ta mère où est le bouton “rejoindre”.
Et ce n’est pas juste du tête-à-tête. Le MIVC gère aussi les appels vidéo de groupe, jusqu’à 32 participants. Là, on n’est plus sur la petite visio improvisée à deux, tu peux imaginer un groupe de potes qui prépare un week-end, une famille éclatée entre plusieurs villes, ou un petit collectif qui doit se coordonner vite. Pour beaucoup de gens, c’est exactement l’usage qui a fait exploser les applis tierces ces dernières années.
Ce que ça change, c’est surtout la friction. Aujourd’hui, même quand tu es déjà en RCS entre Android et iPhone, tu finis souvent par basculer sur une autre app dès que ça devient “sérieux”: visio, groupe, partage de médias. Là, le standard veut te garder dans le fil. Ça ressemble pas mal à l’expérience FaceTime dans l’écosystème Apple, sauf que l’ambition est plus large: opérateurs, plateformes, et pas juste une marque.
Mais soyons honnêtes, la meilleure fonction du monde ne sert à rien si elle n’arrive pas sur les téléphones. Le RCS, c’est un millefeuille: il faut que l’appli de messages l’implémente, que l’OS suive, et que l’écosystème ne traîne pas des pieds. Et sur ce point, l’histoire récente du RCS est un rappel: entre une annonce et une disponibilité réelle pour “toi, moi, tout le monde”, il peut se passer beaucoup de mois.
Texte enrichi: gras, italique, barré, le détail qui change tout
Deuxième ajout du Universal Profile 4.0: la mise en forme du texte. Oui, ça paraît basique. Mais pouvoir écrire en gras, en italique ou en barré, c’est un marqueur de “messagerie moderne” que tu retrouves déjà dans iMessage et WhatsApp. Jusqu’ici, dans beaucoup de conversations inter-plateformes, tu te retrouvais à bricoler avec des astérisques, ou à renoncer et faire des messages plus longs, moins lisibles.
Dans la vraie vie, ça sert plus qu’on ne le croit. Exemple simple: tu organises un dîner, tu veux mettre en avant une info clé, “20h” ou “ramène du pain“, tu veux corriger une erreur sans refaire un pavé. Ou au boulot, dans un groupe mixte, tu veux lister des points, mettre un mot en évidence, barrer une option (“pas mardi”, “ok jeudi”). Ce n’est pas de la déco, c’est de la clarté.
Ce qui est intéressant, c’est que cette mise en forme arrive dans un standard censé être commun. Donc, en théorie, un Android et un iPhone devraient voir la même intention, au même endroit, sans rendu cassé. C’est exactement ce qui manque quand tu passes d’une app à l’autre: l’impression que la conversation est “dégradée” dès qu’elle sort de ton écosystème. Le RCS vend depuis des années une expérience cohérente, là il coche une case importante.
Le revers, c’est que la cohérence dépend de l’implémentation. On l’a déjà vu avec d’autres fonctions: certaines options existent d’un côté mais pas de l’autre, ou arrivent en décalé. Et puis il y a les petites frustrations qui restent sur iPhone: certaines fonctions de confort, type modification de message, réponses en fil ou annulation d’envoi, ne sont pas encore au même niveau partout. Donc oui, le texte enrichi rapproche les mondes, mais ça ne gomme pas d’un coup toutes les différences.
Qualité des médias: le RCS 4.0 veut arrêter les photos “bouillie”
Le troisième point, moins sexy sur le papier mais énorme au quotidien, c’est la capacité des appareils à identifier les formats médias supportés par l’autre. Dit autrement: ton téléphone arrête de balancer un fichier au hasard et se met à adapter l’envoi aux capacités réelles du destinataire. Ça vise directement le cauchemar historique des échanges entre plateformes: la photo qui arrive compressée, la vidéo qui devient une bouillie de pixels, l’audio qui saute.
Depuis l’arrivée du RCS sur iPhone, la situation est déjà “miles better” que l’époque SMS/MMS, avec des médias en meilleure qualité, des accusés de lecture, l’indicateur de saisie. Mais il reste des cas où ça se dégrade, surtout quand ça traverse des appareils ou des applis pas au même niveau. L’idée du profil 4.0, c’est d’être plus intelligent: si l’autre supporte tel codec, tel format, tu envoies ce qu’il faut, au bon niveau.
Concrètement, pense à un groupe familial: une personne sur iPhone récent, une autre sur Android milieu de gamme, un troisième qui a un réseau pas dingue. Aujourd’hui, tu as souvent l’impression que le plus “faible” tire tout le monde vers le bas. Là, le standard promet une adaptation plus fine, pour éviter de punir tout le monde. Et si tu bosses avec des fichiers audio ou des petites vidéos de terrain, ce genre de détail te fait gagner du temps, et évite les “je vois rien, renvoie”.
Mais il faut garder une nuance: le RCS n’est pas une baguette magique contre la réalité des réseaux et des politiques d’apps. Si la couverture est mauvaise, si l’opérateur bride, si l’appli décide de compresser pour économiser, tu n’auras pas un miracle. Le profil 4.0 donne des outils au standard, mais l’expérience finale dépend de la chaîne complète. Et c’est là que les utilisateurs se font souvent avoir: ils lisent “amélioration”, et ils s’attendent à un saut immédiat partout.
Apple, Google, GSMA: la promesse, et le retard chronique des profils RCS
Le RCS, c’est géré côté standard par la GSMA, et côté grand public, les deux acteurs qui comptent vraiment, c’est Google et Apple. Depuis que Cupertino a adopté le RCS sur iOS, le truc est devenu beaucoup plus qu’un sujet de niche. Avant, tu pouvais te dire “ok, c’est bien pour Android entre eux”. Maintenant, chaque évolution devient potentiellement un pont entre les deux camps, ce qui change la portée.
Sauf que l’historique est clair: entre les annonces et la réalité, ça traîne. Le profil 3.0 avait été annoncé avec le chiffrement de bout en bout natif, et un an plus tard, on était encore sur des phases de test. Donc quand tu vois arriver le profil 4.0 avec des nouveautés visibles, tu as le droit d’être excité, mais aussi de lever un sourcil. La norme avance plus vite que les déploiements.
Et puis il y a la politique. Apple a longtemps attendu avant d’adopter le RCS, et quand ça a fini par arriver, c’était plutôt “strict minimum”: les bulles restent vertes, l’intégration est mesurée, et beaucoup de fonctions “premium” restent associées à iMessage. Le truc c’est que, même si le standard propose MIVC et le texte enrichi, personne ne peut forcer Apple à tout activer immédiatement, sauf pression réglementaire ou intérêt stratégique.
J’ai eu la même discussion dix fois avec des gens du secteur: “le standard est prêt, mais l’écosystème ne suit pas”. Et ça vaut aussi côté Android, parce que tout dépend de l’appli (Google Messages, Samsung Messages selon les cas), des opérateurs, et des versions. Du coup, la question pour toi, utilisateur, c’est moins “est-ce que le RCS 4.0 existe?” que “quand est-ce que mon téléphone, et celui de la personne en face, l’auront vraiment?”.
Chiffrement de bout en bout: la grosse attente, enfin en test sur iPhone
On peut parler visio et mise en forme pendant des heures, mais le vrai nerf de la guerre, c’est la sécurité. Le gros manque du RCS sur iPhone, c’était l’E2EE, le chiffrement de bout en bout. Le principe est simple: tes messages sont “brouillés”, et seuls les appareils de confiance ont les clés pour les lire. Si quelqu’un met la main sur le flux ou accède à un appareil non fiable, il ne récupère pas le contenu en clair.
Sur Android, quand tu discutes avec d’autres Android via Google Messages, tu peux déjà avoir ce chiffrement, avec un petit cadenas qui te le signale. Sur iPhone, iMessage est chiffré de bout en bout par défaut entre iPhone. Mais dès que tu passes en conversation iPhone-Android, même en RCS, tu te retrouvais sans cette protection. Et ça, pour beaucoup de gens, c’est un point noir, parce que le contenu des messages, c’est souvent des infos perso, des adresses, des photos, des confirmations.
La nouveauté, c’est qu’Apple teste enfin le chiffrement de bout en bout pour le RCS sur iPhone, via la bêta iOS 26.4. Et ce n’est pas un “peut-être un jour”: c’est testable, à condition d’accepter les risques classiques d’une bêta. C’est un vrai signal positif, parce que ça montre que Cupertino bouge, au moins sur le sujet le plus sensible. Pour un standard qui veut remplacer le SMS, la sécurité n’est pas un bonus, c’est la base.
Mais je te le dis comme je le pense: tant que ce chiffrement n’est pas déployé largement, stable, et simple à comprendre, tu auras une messagerie à deux vitesses. Et même quand ça arrivera, il restera des trous fonctionnels entre plateformes, du genre “éditer un message”, “annuler l’envoi”, “répondre en fil”. Le RCS progresse, oui. Sauf que l’utilisateur, lui, juge sur une seule chose: est-ce que ça marche sans surprise, et est-ce que c’est sûr quand ça compte?
À retenir
- Le RCS 4.0 ajoute MIVC, des appels vidéo natifs depuis une conversation, jusqu’à 32 participants.
- Le standard apporte aussi la mise en forme du texte et une meilleure adaptation des formats médias.
- Le chiffrement de bout en bout reste le point critique, mais Apple le teste sur iOS 26.4 bêta.
Questions fréquentes
- Le RCS 4.0 va-t-il rendre les appels vidéo possibles entre iPhone et Android ?
- Le profil RCS 4.0 introduit MIVC, une fonction pensée pour lancer un appel vidéo directement depuis une conversation RCS, y compris entre plateformes. Dans la pratique, il faudra que les applis de messagerie et les OS l’implémentent et le déploient, donc l’arrivée peut être progressive selon Apple, Google, les opérateurs et les appareils.
- Est-ce que les messages RCS entre iPhone et Android sont chiffrés de bout en bout ?
- Pas encore de façon généralisée. Le chiffrement bout en bout existe déjà dans certains cas côté Android (notamment via Google Messages entre Android) et dans iMessage entre iPhone. Pour les échanges RCS iPhone-Android, Apple teste désormais l’E2EE via iOS 26.4 bêta, ce qui est un signal important, mais pas encore un déploiement grand public partout.
- Qu’est-ce que le texte enrichi apporte vraiment dans RCS 4.0 ?
- RCS 4.0 ajoute des options de mise en forme comme le gras, l’italique et le texte barré. C’est utile pour rendre les messages plus lisibles, mettre en avant une heure, une consigne ou une correction, et rapprocher l’expérience des messageries modernes déjà utilisées au quotidien.
Sources
- RCS 4.0 annoncé avec les appels vidéo et la mise en forme de texte
- RCS 4.0 : vers un iMessage universel, avec ou sans Apple
- Apple Is Finally Making Texting Between iPhone and Android Secure
- RCS on iPhone vs Android: Beyond blue and green bubbles
- Apple added support for RCS messaging with iOS 18, which means …



